
Les règles de savoir-vivre au Japon
Organisé en trois niveaux (lois, arrêtés municipaux et demandes locales), ce guide détaille les règles concernant la cigarette, les escalators, la photographie, l'ascension du mont Fuji et le pourboire, en expliquant les fondements et les conséquences.
Ce que l'on présente comme le « savoir-vivre » au Japon mélange des règles imposées par la loi, des arrêtés municipaux et des simples demandes de la part des résidents locaux. Selon la nature de la règle, les conséquences en cas de non-respect varient. Cet article est conçu pour vous aider à faire la distinction.
Introduction : Ce que vous allez apprendre
Ce qui pose souvent problème lors d'un voyage, ce sont les règles écrites, comme le tabagisme, la consommation d'alcool dans la rue, la photographie ou les restrictions d'accès à la montagne. À l'inverse, certaines pratiques sont décriées comme étant « mal vues au Japon » sans pour autant reposer sur une base légale ou un arrêté.
Nous nous concentrerons sur les premiers cas en précisant les fondements juridiques et les conséquences. Pour les seconds, nous préciserons qu'il ne s'agit pas de règles officielles, afin de vous éviter d'apprendre inutilement des contraintes.
Les règles se divisent en trois niveaux
| Niveau | Exemple | Conséquences en cas de non-respect |
|---|---|---|
| Loi (Nationale) | Interdiction de fumer à l'intérieur (Loi révisée sur la promotion de la santé) | Amende administrative. L'individu peut payer jusqu'à 300 000 yens, le gestionnaire de l'établissement jusqu'à 500 000 yens. Une mise en garde est donnée en premier lieu. |
| Arrêté (Municipal) | Interdiction de fumer dans la rue, plages horaires de restriction de l'alcool dans la rue, obligation de rester immobile sur les escalators | Certaines municipalités perçoivent une amende administrative sur place, d'autres n'ont pas de sanctions prévues. |
| Demande (Sans base légale) | Panneaux d'associations locales ou de commerçants, affiches d'établissements | Pas de perception d'amende légale. Cependant, cela peut devenir un litige civil sur une propriété privée. |
Comprendre ces trois niveaux vous permettra de lire entre les lignes des panneaux. Par exemple, le panneau « Amende de 10 000 yens » dans les rues privées de Gion (Kyoto) est posé par le conseil de quartier Gion-machi Minamigawa, une association privée, et ne repose pas sur un arrêté de la ville de Kyoto. Comme une amende pénale ne peut être infligée que par l'État ou une collectivité locale, ce montant n'est pas juridiquement recouvrable ; c'est une mesure de dissuasion. Néanmoins, l'intrusion sur une propriété privée peut entraîner des problèmes civils. Les initiatives de la ville de Kyoto se concentrent sur la signalétique multilingue et la sensibilisation, et les pages de la ville ne mentionnent ni amende administrative ni amende pénale.

7 points de vigilance au Japon
1 Le tabagisme est réglementé par zones
À l'intérieur des bâtiments, la loi est claire. Depuis l'entrée en vigueur de la loi révisée sur la promotion de la santé le 1er avril 2020, fumer est interdit dans la plupart des établissements ouverts au public. La cigarette est autorisée uniquement dans des espaces spécifiquement cloisonnés. Il existe quatre types de salles (fumoir dédié, fumoir réservé au tabac à chauffer, salle à finalité de tabagisme et salle où fumer est autorisé), qui se distinguent par la possibilité ou non d'y manger et d'y boire. Les écoles, hôpitaux, crèches et administrations sont non-fumeurs sur l'ensemble de leur terrain et ne peuvent pas aménager de fumoir à l'intérieur. Les personnes de moins de 20 ans, même employées, n'ont pas accès aux fumoirs.
Certains petits izakayas ou bars permettent encore de fumer parce qu'ils relèvent de la mesure transitoire des « établissements de restauration spécifiques existants ». Cela ne concerne que les établissements remplissant les trois conditions suivantes : être en activité au 1er avril 2020, disposer d'un capital de 50 millions de yens ou moins et d'une surface de salle de 100 m² ou moins. L'affichage d'un panneau est obligatoire là où il est permis de fumer, ce qui permet de se repérer à l'entrée.
En extérieur, les règles varient selon la municipalité. Il n'y a pas d'interdiction nationale de fumer dans la rue.
- *Quartier de Chiyoda (Tokyo)** : Depuis le 1er avril 2010, il est interdit de fumer dans tout le district. L'arrêté prévoit une amende administrative pouvant aller jusqu'à 20 000 yens, mais 2 000 yens sont appliqués en pratique. Depuis le 1er novembre 2024, cela inclut aussi le tabac à chauffer.
- *Ville d'Osaka** : Depuis le 27 janvier 2025, l'interdiction s'étend à toute la ville (auparavant limitée à 6 zones). Une amende administrative de 1 000 yens est perçue sur place. Cela inclut le tabac à chauffer.
- *Ville de Kyoto** : Depuis le 1er juin 2007, fumer dans les lieux publics extérieurs est interdit. L'amende administrative de 1 000 yens ne s'applique que dans les « zones de renforcement de la lutte contre le tabagisme » (centre-ville, environs de la gare de Kyoto, Kiyomizu-dera/Gion, etc.).

2 Sur l'escalator, restez immobile
On entend souvent que « à Tokyo, on se tient à gauche et à Osaka à droite pour laisser le côté opposé libre pour ceux qui marchent », mais c'est l'inverse des recommandations actuelles.
La préfecture de Saitama a instauré par arrêté, le 1er octobre 2021, l'obligation d'utiliser l'escalator en restant immobile. La ville de Nagoya demande également, via un arrêté du 1er octobre 2023, de rester immobile, quel que soit le côté choisi.
Les opérateurs ferroviaires suivent cette tendance. La campagne « Ne marchez pas, restez immobile » de 2026 (du 21 juillet au 31 août) implique 58 compagnies ferroviaires et 7 organisations, menées par JR East. L'édition 2025 comptait aussi Osaka Metro, Hankyu, Hanshin, Keihan, Nankai et Kintetsu. Dans le Kansai aussi, les opérateurs demandent de ne pas marcher sur les escalators.
3 Certaines zones restreignent la consommation d'alcool
Le quartier de Shibuya, via un amendement de son arrêté en octobre 2024, interdit la consommation d'alcool dans les rues et les parcs de zones spécifiques de 18h à 5h du matin, et ce, toute l'année. Auparavant, la restriction ne concernait que Halloween et le Nouvel An, et la zone visée a également été élargie. Aucune sanction n'est mentionnée sur la page de l'arrondissement, mais la restriction est bien réelle.
Il est préférable d'ouvrir vos boissons une fois à l'intérieur de votre établissement ou de votre hôtel.
4 Manger en marchant n'est pas illégal, mais choisissez vos lieux
L'idée selon laquelle « il est interdit de manger en marchant au Japon » est répandue, mais il n'existe ni loi ni arrêté prévoyant des sanctions pour cela.
L'arrêté de la ville de Kamakura (en vigueur depuis le 1er avril 2019) mentionne neuf comportements gênants, dont le fait de manger en marchant (risque de salir les vêtements d'autrui), mais la ville précise qu'elle « ne vise pas à interdire de manger en marchant » et qu'il n'y a « aucune sanction ». La plupart des panneaux « Interdiction de manger en marchant » sont des règles privées édictées par les commerçants ou les temples.
Le critère ne doit pas être « est-ce légal ? » mais plutôt « à qui appartient cet espace ? » et « y a-t-il beaucoup de monde ? ». Si un panneau est présent, respectez-le ; dans une rue bondée, il suffit d'emporter votre nourriture jusqu'à un endroit où vous pouvez vous arrêter.

5 La photographie dépend de la propriété des lieux
Les problèmes de photographie surviennent souvent parce que l'on se trouve sur une propriété privée ou dans un lieu de vie.
Dans les rues privées de Gion (Kyoto), des panneaux interdisant la traversée ont été ajoutés entre avril et mai 2024. Les interdictions de photographier existent depuis environ 2019. Les deux émanent de l'association de quartier locale, pour sa voie privée, et non d'un arrêté municipal.
L'arrêté de Kamakura mentionne la photographie gênante (bloquant le passage) ou trop proche des voies ferrées (sans sanction). À Otaru, suite à des problèmes de stationnement sur la voie publique, de photographie sur la chaussée et d'intrusion sur des propriétés privées, des agents de sécurité ont été déployés dès le 10 janvier 2026 en quatre endroits, dont Funamizaka.
Dans les quartiers résidentiels ou près des sanctuaires, même sans panneau, il est plus prudent de se comporter comme si la priorité était donnée aux résidents.
6 Pour l'ascension du mont Fuji, vérifiez les règles d'accès
Pour la saison 2026, l'ascension du mont Fuji sur les quatre sentiers nécessite un paiement de 4 000 yens par personne et par ascension. Les règles varient selon la préfecture.
- *Côté Yamanashi (Route Yoshida)** : Du 1er juillet au 10 septembre. Les barrières sont fermées de 14h à 3h du matin (sauf pour les résidents des refuges). La capacité est limitée à 4 000 personnes par jour (hors résidents des refuges). Un contrôle de l'équipement est effectué à la 5e station ; si l'équipement est insuffisant, l'accès peut vous être refusé. La réservation est recommandée mais non obligatoire.
- *Côté Shizuoka (Routes Fujinomiya, Gotemba, Subashiri)** : Pour Subashiri, du 1er juillet au 10 septembre. Pour Fujinomiya et Gotemba, du 10 juillet au 10 septembre. Il est obligatoire de suivre un e-learning, de réussir le test, de réserver un refuge pour les passages entre 14h et 3h, et de payer les frais. L'inscription se fait via l'application « Shizuoka Prefecture FUJI NAVI » et le bracelet avec QR code sert de permis d'ascension. L'inscription peut se faire sur place.
Le contrôle de l'équipement et l'e-learning sont des dispositifs qui n'existaient pas avant 2024. Plus vous avez déjà grimpé par le passé, plus il est important de vérifier ces points.
7 Le pourboire n'est pas nécessaire
Il n'y a pas de tradition de pourboire au Japon. La JNTO précise que ce n'est pas une coutume et que cela peut dérouter l'interlocuteur. On entend aussi dire que le pourboire serait « une insulte », mais aucune source officielle ne l'affirme.
Vous ne devez payer que le montant indiqué sur la facture. La JNTO précise que dans les restaurants, les frais de service sont généralement ajoutés au montant final. Si vous souhaitez laisser un geste de gratitude, ne le donnez pas de main à main, mais placez-le dans une enveloppe discrète.
Les « demandes » sans sanctions — Transports, déchets, toilettes, hôtels
Jusqu'ici, il s'agissait de règles écrites. Les quatre points suivants ne reposent sur aucune loi ni arrêté et aucune amende administrative ne peut vous être réclamée. Sur les trois niveaux, ils relèvent du plus bas : la simple « demande ». S'ils figurent tout de même ici, c'est parce que ce sont les quatre sujets sur lesquels les voyageurs posent le plus de questions et que chacun s'explique par une seule idée : ce qui arrivera à la personne qui viendra après vous. Une fois la raison comprise, inutile de mémoriser des règles de détail.
Dans les trains et les bus
Passez vos appels à l'extérieur et mettez votre téléphone en mode silencieux. L'espace est confiné, le son porte plus loin qu'on ne le pense. Il ne s'agit pas d'une interdiction de parler, mais d'une question de volume.
Si le véhicule est bondé, placez votre sac à dos devant vous ou posez-le au sol. Un sac sur le dos peut heurter les autres passagers sans que vous ne vous en rendiez compte. Il en va de même pour le son qui s'échappe des écouteurs : vous êtes le seul à ne pas l'entendre.
La gestion des déchets
Il y a très peu de poubelles à l'extérieur. Pour éviter de chercher partout, gardez un petit sac dans votre sac pour rapporter vos déchets à votre hôtel ou dans une supérette.
Les points de collecte disposent généralement de consignes de tri, en pictogrammes et en texte (canettes/bouteilles en verre/bouteilles PET, plastique, papier). Les bacs à côté des distributeurs automatiques sont destinés uniquement aux contenants consommés sur place, et non aux déchets que vous transportez avec vous.

Les toilettes publiques
Les toilettes dans les gares, parcs, supérettes ou centres commerciaux sont généralement gratuites et équipées de papier. Cet état de fait repose à la fois sur ceux qui nettoient et sur ceux qui utilisent les lieux.
N'emportez pas le papier toilette ni le savon. Ne jetez dans les toilettes que le papier prévu à cet effet. Si vous utilisez le lavabo, essuyez l'eau renversée. Un simple coup d'œil pour vérifier si l'état est le même qu'à votre arrivée suffit.

Les hébergements
Dans les hôtels ou les ryokans, les murs et les planchers peuvent être fins. Dans une chambre japonaise de ryokan, les cloisons sont souvent de simples portes coulissantes (fusuma ou shoji), sans mur plein entre vous et la chambre voisine. Les discussions debout dans le couloir la nuit, les appels vidéo dans la chambre ou le bruit des roulettes de valise portent bien plus loin qu'on ne l'imagine.
Les bains et les salons sont des espaces partagés. En plus du volume sonore, vérifiez toujours si la photographie est autorisée. Les bains étant des lieux de dénudation, il est plus prudent de ne pas y apporter d'appareil photo.

Le savoir-vivre est entre la règle et la demande
Pour les règles de table, consultez Introduction à la cuisine japonaise. Pour les numéros d'urgence, consultez En cas d'urgence.
Sources
- Ministère de la Santé, du Travail et du Bien-être - Réduire le tabagisme passif involontaire (Loi révisée sur la promotion de la santé)
- Ville d'Osaka - Extension de la zone d'interdiction de fumer dans la rue à l'ensemble de la ville
- Ville de Kamakura - Arrêté concernant l'amélioration du savoir-vivre dans les lieux publics
- Site officiel de l'ascension du mont Fuji - Réglementation de l'ascension (Route Yoshida)
- JNTO Tipping in Japan
Questions fréquentes
- Est-il interdit de manger en marchant ?
- Ce n'est pas interdit. Il n'existe ni loi ni arrêté municipal prévoyant de sanctions pour cela. Concernant l'arrêté de la ville de Kamakura souvent cité, la municipalité précise elle-même que cela « ne vise pas à interdire de manger en marchant » et qu'il n'y a « aucune sanction ».
- Doit-on laisser un côté libre dans l'escalator ?
- Il n'est pas nécessaire de laisser un côté libre. La préfecture de Saitama et la ville de Nagoya exigent, via des arrêtés, de rester immobile sur l'escalator. Les compagnies ferroviaires appellent également partout au Japon à « rester immobile plutôt que de marcher ». La règle « à gauche à Tokyo, à droite à Osaka » est l'inverse des recommandations officielles actuelles.
- Les panneaux indiquant « amende de 10 000 yens » à Gion sont-ils réels ?
- Il s'agit d'affiches posées par des associations locales sur des propriétés privées, et non d'un arrêté municipal. Une amende ne peut être perçue que par l'État ou une collectivité locale ; elle n'est donc pas juridiquement recouvrable. Cependant, l'intrusion sur une propriété privée peut constituer un litige civil.
- Peut-on fumer dans la rue ?
- Il n'y a pas d'interdiction nationale uniforme, mais chaque municipalité a ses propres arrêtés. Le quartier de Chiyoda interdit le tabagisme dans tout le district, tout comme la ville d'Osaka à partir du 27 janvier 2025. Ces interdictions incluent le tabac à chauffer et donnent lieu à la perception d'une amende administrative.
- Doit-on laisser un pourboire ?
- Non, ce n'est pas nécessaire. La JNTO explique que ce n'est pas une coutume au Japon. Le montant à payer est celui indiqué sur la facture.