
Guide
Le 'Ushi no Kaku Tsuki' est un rituel de combat de taureaux traditionnel qui se déroule dans la région de Nijumura (autour de Yamakoshi à Nagaoka et de la ville d'Ojiya) et qui remonte à plusieurs siècles, voire plus de mille ans. Bien plus qu'une simple compétition animale, cet événement est considéré comme un rituel sacré (Shinji) essentiel pour la communauté et est classé comme Bien culturel immatériel important du Japon. La caractéristique la plus fascinante réside dans ses règles uniques : pour préserver l'esprit de combat des bêtes et respecter la nature sacrée de la cérémonie, les meneurs (Seko) séparent les taureaux avec les cordes du nez dès qu'un état de stagnation est atteint, avant même qu'un vainqueur ne soit clairement établi. Cette méthode permet de maintenir la tradition sans épuiser l'animal.
L'origine de ce combat de taureaux fait l'objet de diverses théories. Certains racontent que des marchands venant de la région de Nanbu (préfecture d'Iwate) auraient apporté cette culture avec leurs bœufs de transport, tandis que d'autres évoquent une influence venue du continent. Ce rituel est si ancré dans l'histoire locale qu'il est mentionné dans le célèbre récit 'Nansō Satomi Hakkenden' de l'écrivain Kyokutei Bakin à la fin de l'époque d'Edo. Bien que la pratique ait été perturbée par le séisme de Niigata en 2004, la détermination des habitants a permis de maintenir et de revitaliser les événements à Nagaoka et Ojiya. Autrefois marqué par des restrictions liées au genre, le rituel évolue aujourd'hui avec la participation active de femmes propriétaires de taureaux, prouvant sa capacité à se moderniser tout en préservant son essence.
Le public est captivé par l'impact phénoménal lors de la collision frontale entre deux taureaux et par la maîtrise technique des 'Seko' (meneurs). Ces derniers manipulent les cordes du nez avec une précision extrême pour diriger les animaux. L'art de séparer les bêtes au moment opportun pour garantir la sécurité et l'ordre du rituel est une esthétique culturelle propre à cette région. L'harmonie entre la force brute de l'animal et le contrôle humain est le véritable spectacle.
Les combats se déroulent principalement une fois par mois, de mai à novembre. Comme les conditions climatiques varient selon les mois, il est crucial de vérifier le calendrier spécifique avant de se déplacer. Les événements ont lieu principalement durant la période allant du printemps à l'automne.
En tant que spectateur, vous pourrez assister de près à un rituel historique où la tradition est encore vibrante. Les combats ont lieu sur des sites dédiés (comme les arènes de Yamakoshi ou d'Ojiya), vous offrant une immersion totale dans une forme de combat très codifiée.
Les zones de Nagaoka (Yamakoshi) et d'Ojiya regorgent de paysages historiques et de spécialités culinaires typiques de la préfecture de Niigata. Profitez de votre visite pour explorer ces paysages et découvrir les produits locaux en complément de l'événement.
Les combats se déroulant en extérieur, prévoyez une tenue adaptée à la météo.